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7月29日 Levi’s 501 : Le pionnier des blue-jeansDes cow-boys aux hippies, des dandys aux grands créateurs de mode, le jean se décline depuis plus de 150 ans. La société Levi Strauss & Co n’aurait jamais imaginé que son nom deviendrait synonyme d’un jean aujourd’hui devenu culte.
Retour sur un succès «made in USA»
DÉCHIRÉ, DÉLAVÉ, MAIS JAMAIS DÉPASSÉ. LE JEAN 501 EST INDÉMODABLE.
Etonnant à l’heure où toute nouvelle tendance est condamnée à une existence éphémère dans le monde impitoyable de la mode.
Dans son édition spéciale du nouveau millénaire, le Time magazine a sacré le jean «vêtement de mode du XXe siècle», devant la minijupe ou la petite robe noire portée par l’actrice Audrey Hepburn.
L’histoire de ce vêtement mythique est indissociable de celle de son fondateur, Oscar Lévi Strauss.
A LA CONQUÊTE DE L’OUEST
C’est en 1853, en pleine ruée vers l’or, que le jeune colporteur juif d’origine bavaroise Lévi Strauss débarque à San Francisco, en Californie.
Il ouvre un commerce de textile et vend un tissu de qualité, utilisé comme toile de tente et toile de bâche des chariots.
La légende raconte qu’un chercheur d’or aurait demandé à Lévi Strauss un pantalon assez robuste pour résister à son travail ardu et à la saleté. Pari tenu.
Le jeune représentant crée un prototype confectionné dans cette «toile de Nîmes» à base de déchets de coton.
Le tout est teint au bleu de Gênes, ville de l’Italie du Nord dont est originaire le mot «jean». Oscar Lévi Strauss découvre alors le «denim».
En 1872, Jacob Davis, un tailleur de Reno, dans le Nevada, propose à Lévi Strauss de breveter un procédé élaboré par ses soins : utiliser des rivets pour renforcer les poches du pantalon.
Les deux hommes s’associent, le brevet est accordé le 20 mai 1873.
En plus d’être un vêtement pour les marins italiens, le jean habille les pionniers de l’Ouest américain, les mineurs et les cow-boys californiens dans les rodéos ou autres westerns hollywoodiens.
En 1886, des spécificités sont ajoutées : les «arcuates», arcs surpiqués sur les poches arrières et le «Two Horse Patch», l’étiquette en cuir représentant deux chevaux écartelant un jean. La «griffe» Levi’s est née.
Un moyen de lutter contre la contrefaçon.
En 1890, la société Lévi Strauss & Co est fondée et le premier jean reçoit le nom de 501, en référence au numéro du lot de toile dans lequel il est fabriqué.
DE L’UNIFORME MILITAIRE AU JEAN REBELLE
Le jean se démocratise. Dans les années trente, les boutiques chics new-yorkaises le vendent.
Des publicités Levi’s sont affichées sur tous les panneaux aux Etats-Unis. Le jean fait aussi irruption dans les campus des universités américaines.
Pour se singulariser, la société invente en 1936 l’étiquette «Red Tab» : le nom de Levi’s inscrit en lettres blanches sur fond rouge, cousu à gauche sur la poche arrière droite.
Un véritable signe de ralliement.
La Seconde Guerre mondiale contribue à la reconnaissance internationale de la marque. L’US Navy demande à Oscar Lévi Strauss de fournir l’uniforme de permission de ses marins.
Il s’agit d’un 501 remanié d’une teinte plus foncée. Même le futur président des Etats-Unis, John F. Kennedy, capitaine de corvette à l’époque, portera le modèle. Au lendemain du conflit, les Européens se l’arrachent.
Le nouveau jean 501 cinq poches est commercialisé en 1947. L’arcuate et les boutons en zinc, supprimés un temps pour économiser le tissu et le métal, sont de retour.
En revanche, le rivet à l’entrejambe et les boutons pour les bretelles disparaissent.
Quant aux passants de ceinture et aux rivets cachés en cuivre, ils deviennent la norme.
Le fameux dollar est imprimé à l’intérieur de la poche au lieu d’être fixé sous forme de billet en carton léger. Mais le jean est mal vu pendant la période du maccarthysme.
Il est synonyme de débauche et sera même interdit dans certaines écoles.
Levi’s devient l’emblème des stars rebelles du cinéma : de James Dean à Marilyn Monroe, en passant par Clark Gable. Marlon Brando dans L’équipée sauvage, James Dean dans La fureur de vivre ou Dennis Hopper dans Easy Rider, autant d’acteurs des années cinquante qui s’affichent en jean sur les écrans.
Même le King, Elvis Presley, l’adopte et contribue au succès de la marque. Dix ans plus tard, c’est au tour de Patti Smith et des Beatles de défiler en Levi’s 501.
Andy Warhol aurait été quant à lui le premier à associer le jean avec une chemise à carreaux et un blazer bleu, créant ainsi le look Warhol.
LEVI’S POUR TOUS
Malgré les années, le 501 est indétrônable. De l’avènement du rock’n’roll dans les années cinquante à Woodstock en 1969, en passant par le Pop art, il est devenu le symbole de la jeunesse, de la musique et de la mode.
Les punks le déchirent à coups de cutter, les adeptes du mouvement grunge le délavent avec de l’eau de Javel.
Il est le symbole de la provocation et de la lutte contre l’ordre établi.
La publicité joue un rôle primordial dans la notoriété du 501.
Un clip montre un homme quittant son Levi’s dans une laverie, attendant la fin du lavage en boxer sous le regard médusé des autres clients.
Rythmée par la chanson de Marvin Gaye, I heard it through the grapevine, cette campagne publicitaire a permis de multiplier les ventes de 800 % en un an au Royaume-Uni.
La société Levi Strauss va même jusqu’à vêtir la statue de la liberté d’un jean tricolore.
Les stars de la musique l’élèvent au rang de mythe.
David Bowie lui consacre une chanson intitulée Blue Jean, Bruce Springsteen pose avec pour la pochette de son opus Born in USA.
En France, Jane Birkin ou Renaud ne se présentent plus sur scène sans leur 501.
Le Levi’s 501 est l’élément indispensable de la garde-robe. Les collectionneurs recherchent les modèles vintage ou les éditions limitées de jeunes créateurs.
En 1981, le premier jean Levi’s 501 coupé spécialement pour les filles fait son apparition. Mais Levi Strauss & Co traverse une période critique dans les années quatre-vingt-dix.
Les jeunes ne veulent plus porter le même jean que leurs parents.
Ils souhaitent des modèles plus variés. Le 501 doit désormais faire face à la concurrence : le relax, le slim, le regular.
Même si son image ne cesse d’évoluer, le basique 501 garde tout de même sa charge symbolique.
Et sa légende reste immortelle. 7月18日 L'exposition Rock'n'Roll 39-59 à la Fondation CartierLa Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Rock’n’Roll 39-59, une exposition consacrée à la genèse et aux débuts du rock’n’roll aux États-Unis.
Regroupant des affiches exceptionnelles, des disques et objets rares d’époque, mais aussi des photographies, des films, et bien sûr de la musique et du son, l’exposition invite à revivre ce bouleversement culturel, miroir d’une société en pleine mutation.
Véritable voyage sonore et visuel, l’exposition Rock’n’Roll 39-59 évoque la naissance d’un genre musical qui bouleversa l’Amérique et changera profondément la face du monde.
Au rez-de-chaussée, la première partie de l’exposition s’attache à capturer l’air du temps, l’esprit de liberté et de rébellion qui ont été au coeur de l’explosion du rock’n’roll au milieu des années 50. La seconde, au sous-sol, revient sur l’histoire du rock’n’roll, et en trace la généalogie à travers l’évocation des principaux lieux, événements et protagonistes.
L’esprit de liberté des années 50
En guise d’introduction, le film de Patrick Montgomery et Pamela Page, Rock’n’Roll The Early Days (1984) permet de se familiariser avec les grandes figures du rock’n’roll.
Cette salle obscure, à la fois salle de projection et lieu d’exposition, présente également un ensemble de douze affiches de concert qui mettent en avant le foisonnement et la diversité de la scène musicale des années 50, dans un graphisme et des couleurs qui ne sont pas sans évoquer les recherches menées plus tard par le pop art.
Ces affiches originales, pour la plupart aujourd’hui introuvables, font partie des pièces les plus exceptionnelles de l’exposition.
![]() Trois autres objets particulièrement rares sont présentés en regard de celles-ci : les guitares d’Elvis Presley, Buddy Holly et Carl Perkins, trois protagonistes essentiels de la période.
La suite du parcours ouvre sur les photographies d’Elvis Presley réalisées par Alfred Wertheimer au cours de l’année 1956.
Ces images sont pour la plupart montrées pour la première fois.
En mars 1956, alors qu’Elvis Presley est sur le point de devenir une star nationale, sa nouvelle maison de disques RCA Victor engage le jeune photographe new-yorkais pour faire quelques photos.
Fasciné par le charisme du chanteur, Alfred Wertheimer décide de le suivre à ses propres frais, et parvient, en quelques jours de prises de vue échelonnées sur quelques mois, à saisir la simplicité, la beauté mais aussi la solitude de cet homme dont la vie est en train de basculer.
L’oeuvre d’Alfred Wertheimer est demeurée largement inconnue jusqu’à une période très récente et cette exposition est une étape importante dans la reconnaissance de cette oeuvre exceptionnelle.
Véritable plongée dans les années 50, la grande salle du rez-de-chaussée rend, à travers des objets de la culture musicale de l’époque, un hommage au design des golden fifties : radios, micros, pick-ups, juke-box…, sans oublier la Cadillac, symbole de réussite sociale par excellence, très prisée des rockers.
Mais c’est avant tout le son, ou plutôt sa fabrication, qui est exposé ici grâce à la reconstitution d’un studio d’enregistrement des années 50.
Diffusée sur des enceintes d’époque, une bande sonore faite d’archives de sessions d’enregistrement évoque l’atmosphère des studios des petits labels qui ont fait le rock’n’roll.
On découvre également dans cet espace des photographies inédites de William Eggleston prises en 2004 dans le studio de Norman Petty à Clovis, au Nouveau-Mexique.
Usant pour la première fois du format panoramique, le célèbre photographe américain a su capturer l’atmosphère du studio, resté inchangé depuis que Buddy Holly et The Crickets y ont enregistré That’ll Be The Day ainsi que Peggy Sue, Oh, Boy ! et Maybe Baby pour Brunswick et Coral.
Les teenagers, une nouvelle culture
Le rock’n’roll est la première culture musicale spécifiquement adolescente. Ce sont les teenagers qui se sont les premiers approprié cette musique nouvelle, totalement incomprise par leurs parents.
De grands photographes américains des années 50 tels que Bruce Davidson, Esther Bubley, Eve Arnold ou encore Eliott Erwitt dressent le portrait de cette classe d’âge en quête de liberté et d’indépendance.
Une collection exceptionnelle de magazines pour adolescents présentée ici reflète les préoccupations de cette nouvelle catégorie de consommateurs.
On y croise les figures de Marlon Brando et James Dean, idoles des teenagers et sources d’inspiration pour les rockers.
Hollywood ne s’y trompe pas et exploite la figure du rebelle et le thème de la « délinquance juvénile » associée au rock’n’roll.
Un riche héritage musical
Dans la deuxième partie de l’exposition (sous-sol), le rock’n’roll est replacé dans une perspective chronologique.
Avant de revenir sur l’histoire qui a conduit à cette formidable explosion, un « arbre généalogique » du rock’n’roll ouvre le parcours, permettant d’écouter les différents genres musicaux qui ont permis au cours des années 40 la création d’un son nouveau.
Boogiewoogie, grands orchestres de jazz, gospel, blues, country et rhythm and blues sont évoqués au gré d’affiches, de disques rares, de photographies de musiciens, de partitions, mais aussi à travers le son et l’image. Le boogie-woogie, notamment, contient toutes les bases rythmiques du rock’n’roll.
C’est à la fin de l’année 1938 que le public blanc découvre, lors d’une série de concerts à Carnegie Hall, ce genre musical terriblement entraînant. Cette série de concerts déclenche alors une folie du boogie-woogie, appelée « the boogiewoogie craze ».
Véritable préfiguration de ce qui se passera avec le rock’n’roll quinze ans plus tard, ce phénomène est le point de départ de l’histoire que raconte l’exposition tandis que le rhythm and blues, précurseur immédiat du rock’n’roll, se présente comme la dernière étape avant l’éclosion du nouveau genre.
L’Amérique des années 40 et 50
Le contexte historique et social des quinze années précédant l’explosion du rock’n’roll accompagne ce panorama musical sous la forme d’un parcours visuel.
Dans les années 40, Marion Post-Wolcott, Jack Delano et Russell Lee ont photographié pour le compte du gouvernement américain le Sud des États-Unis, ses paysages, ses petites villes, ainsi que ses habitants.
Intérieurs pauvres de paysans blancs, champs de coton, juke-joints (clubs de campagne dans lesquels les Noirs dansaient et écoutaient de la musique), équipements urbains marqués par la ségrégation, autant d’images qui restituent le quotidien des principaux acteurs de cette période d’émergence du rock’n’roll.
En parallèle figurent les faits historiques de la période 1939-1953, marquée par de grandes mutations politiques et sociales. Coupures de presse et photographies évoquent la Seconde Guerre mondiale et l’expansion économique qui la suivit, le développement de la société de consommation, la création des banlieues résidentielles blanches…
L’explosion du rock’n’roll
À l’issue de ce voyage historique, le spectateur découvre une grande fresque murale. Cette oeuvre graphique établit une chronologie du premier âge d’or du rock’n’roll, mêlant dates liées à l’histoire musicale et jalons historiques.
Elle débute en 1954, année de l’enregistrement de Rock Around The Clock par Bill Haley, du premier disque d’Elvis Presley, mais aussi de l’arrêt Brown, premier coup de boutoir porté à la ségrégation.
Elle se termine en 1959, année de la mort de Buddy Holly, de l’arrestation de Chuck Berry et de la chute d’Alan Freed, le plus important disc-jockey rock’n’roll, victime d’une affaire de pots-de-vin ressemblant fort à un complot.
Jalonnée de nombreux points d’écoute, de films mais aussi d’objets, de vêtements ou de documents originaux, cette fresque permet de suivre pas à pas l’irrépressible montée en puissance du phénomène rock’n’roll : des chanteurs accèdent à la notoriété, des groupes se font et se défont, des personnages oeuvrent dans l’ombre, les anciens classements musicaux perdent progressivement leur sens ; simultanément le mouvement des droits civiques prend de plus en plus d’ampleur et la société américaine commence à changer de visage.
Face à cette fresque, des vitrines présentent les figures majeures de la scène musicale de l’époque : Louis Jordan, Bill Haley, Bo Diddley, Buddy Holly, Chuck Berry, Elvis Presley, Fats Domino, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Gene Vincent et Eddie Cochran. Leurs trajectoires sont évoquées à travers des disques, des archives et des documents vidéos et sonores.
Parmi les objets particulièrement rares exposés ici, il faut souligner l’affiche du concert d’Elvis Presley à Jacksonville (deux exemplaires originaux au monde) ainsi que des lettres de Sam Phillips, premier producteur d’Elvis Presley, faisant la promotion du premier disque de celui qui n’est pas encore le King.
À l’issue du parcours, les visiteurs sont invités à poursuivre cette exploration musicale à la librairie de la Fondation Cartier (sur la mezzanine) où des bornes d’écoute leur permettent de découvrir ou redécouvrir dans leur intégralité deux cents titres de rock’n’roll.
Informations
L’exposition est ouverte tous les jours, sauf le lundi, de 10h à 20h. du 22 juin 2007 au 28 octobre 2007
Nocturne le mardi jusqu’à 22h. Droit d’entrée : 7,50 €,tarif réduit*: 5,50 € Fondation Cartier pour l’art contemporain
261, boulevard Raspail 75014 Paris
Tél. : 01 42 18 56 50 7月14日 Les ponts de la Baie !Longtemps, la Baie de San Francisco resta sans pont. On se contentait de bacs.
En 1872, Joshua Norton, un homme que la ruine avait amené à une sorte de folie douce, et qui s'était lui-même proclamé empereur des Etats-Unis, ordonna de bâtir sur-le-champ un pont, de San Francisco à l'île de Yerba Buena : son décret n'eut pas de suite !
D'autres, plus tard, osèrent évoquer la construction d'un pont au-dessus du Golden Gate, mais l'ouvrage paraissait si gigantesque et coûteux que l'idée disparaissait plus vite qu'elle n'avait été formulée.
Pourtant, le besoin en était tellement évident qu'à intervalle régulier, quelqu'un soulevait à nouveau la question : - "On n'y arrivera jamais !" objectait les spécialistes. - "Ca va coûter cent millions de dollars." disait d'autres. Joseph Baermann Strauss, en 1921, prétendit le faire pour 25 à 30 millions de dollars : on lui confia l'étude. Neuf ans plus tard, en pleine crise mondiale, le 4 novembre 1930, les habitants des six comtés concernés s'assemblèrent et, avec une majorité de près de 75%, votèrent un budget de 35 millions de dollars.
C'était une somme énorme ! Certains, pour souscrire, hypothéquèrent leurs champs, leur maison, leur propriété. Joseph Strauss construisit le pont pour moins de 35 millions.
Les intérêts de l'emprunt, soldé en 1971, en coûtèrent trente neuf.
La faille de San Andreas passe, en plein océan, trois kilomètres à l'ouest du pont. La théorie de la dérive des continents, évoquée une quarantaine d'années plus tôt, n'avait pas encore fait son chemin dans l'esprit des géologues, mais ceux-ci avaient découvert l'existence de la faille : ils étaient seulement incapables d'en comprendre l'origine.
Charles Ellis, qui avait travaillé avec Strauss à la conception du pont, le comparait à un hamac suspendu entre deux séquoias : en cas de séisme, chaque pile, indépendante, bougerait sans imposer à la structure de déformation permanente, ni de rupture dans le tablier ou la suspension.
Un tremblement de terre d'intensité moyenne eut lieu pendant la construction. Une douzaine d'hommes travaillaient au sommet de la pile sud. Celle-ci, comme un gigantesque métronome, se mit à osciller : cinq mètres à l'est, cinq mètres à l'ouest, cinq mètres à l'est, cinq mètres à l'ouest... Couchés sur l'acier froid, les ouvriers s'agrippaient tant bien que mal et s'attendaient à tout instant à basculer dans l'eau du détroit. La Terre se calma... Les oscillations diminuèrent... Ralentirent... Cessèrent... La tour s'immobilisa... Tous étaient là, vivants !
Le temps, l'expérience acquise grâce aux relevés ont amélioré notre connaissance des phénomènes sismiques. De nouvelles études ont permis d'évaluer qu'un séisme de force 7 ou plus sur l'échelle de Richter infligerait au pont d'importants dommages. Les prévisions, fondées sur l'expérience allongée grâce aux rapports des missions espagnoles, indiquent qu'un tremblement de terre d'une intensité très supérieure à 7 devrait se produire d'ici 2030 à San Francisco : depuis 1997, un programme de mise en conformité a permis de changer les piles du viaduc nord et de refaire leurs fondations.
Les travaux sur l'arche, l'ancrage et la pile sud, débutés en 2002, seront terminés cette année. La travée centrale, l'ancrage et la pile du nord seront renforcés ensuite... Pourtant, le temps presse !
Le coût de ces travaux est énorme : 388 millions de dollars ! Mais on a estimé que reconstruire le pont en coûterait plus de deux milliards. De 1937 à 2002, l'inflation a été de 1250% : un simple calcul, basé sur les 35 millions de dollars de 1937, montre qu'un pont à l'identique ne devrait en coûter aujourd'hui que 440. Logiquement, le progrès des techniques et une meilleure productivité des travaux publics devraient même procurer une économie.
Peut-être, avant la fin des travaux, verra-t-on apparaître un nouveau Joseph Strauss, pour faire en cinq ans ce qui, pour d'autres, ne marcherait jamais !
La construction du Golden Gate Bridge commença le 5 janvier 1933. Il fut inauguré quatre ans et cinq mois après le début des travaux, par Franklin Delano Roosevelt, le 27 mai 1937 : une foule de deux cent mille personnes vint traverser le détroit à pied sec. C'était le plus grand pont suspendu jamais construit.
Voici quelques chiffres évocateurs : Longueur totale : 2737 mètres. La travée centrale fait 1280 mètres. Hauteur des piles au-dessus de l'eau : 227 mètres. La pile du nord est ancrée dans le silex et le basalte, celle du sud dans la serpentine.
Longueur des câbles de suspension : 2332 mètres. Chaque câble est composé de 27572 fils parallèles de 4.87 mm de diamètre disposés en faisceau. Ces fils furent lancés un à un au-dessus du détroit par une navette. La peinture "Orange international", dont on a depuis longtemps éliminé l'oxyde de plomb, est faite pour rendre le pont plus visible dans le brouillard. Le pont du Golden Gate provoque une forte attirance. Est-ce le mariage de l'orange vif, des eaux bleues et du vert des collines ? Est-ce sa ligne sobre et majestueuse ? Est-ce parce qu'il est visible de tant d'endroits autour de la Baie ? C'est l'un des symboles les plus forts de San Francisco.
En même temps que le pont du Golden Gate, on construisit le pont de San Francisco à Oakland, celui que voulait l'empereur Norton : il s'appuie sur l'île de Yerba Buena ! Bien que beaucoup plus long, il fut terminé en trois ans et quatre mois ! Un tablier double accueillait, au niveau inférieur, les camions et une voie ferrée régionale, et la chaussée supérieure était réservée aux automobiles.
La circulation des tramways au-dessus de la baie a cessé et une deuxième route a remplacé la voie ferrée : chaque niveau est réservé à un sens de circulation.
Une charpente métallique porte les voies d'Oakland à l'île : là, elles tournent au sud-ouest, passent un tunnel de 546 mètres, haut de 18 et large de 23, puis enjambent le second chenal sur deux ponts suspendus consécutifs.
Si l'on tient compte des approches et de la traversée de l'île, Bay Bridge dépasse treize kilomètres. La charpente d'acier, 3093 mètres, comporte six travées. A l'ouest, les 2815 mètres de ponts suspendus sont supportés par quatre pylônes métalliques, 144 et 158 mètres au-dessus de l'eau.
L'extrémité des tabliers, entre les deux ponts, s'appuie sur une grosse pile de béton qui leur sert d'ancrage.
L'effet, comme si un secours hyperstatique avait été ajouté après coup, est un peu disgracieux : grisâtre, Bay Bridge attire beaucoup moins l'attention que le pont de la Porte d'Or.
Achevé le 12 novembre 1936, en comptant l'aménagement des voies de chemin de fer, il avait coûté près de 80 millions de dollars. En 1989, le tremblement de terre de Loma Prieta, (7.1 sur l'échelle de Richter), mit la charpente métallique à mal : une section de quinze mètres du tablier supérieur s'effondra d'une pièce sur la chaussée inférieure, tuant au moins un automobiliste. Un projet est à l'étude : un pont à haubans devrait prochainement remplacer la charpente métallique.
Un troisième ouvrage impressionnant traverse le sud de la Baie. Le pont de San Mateo est long de huit kilomètres. Le tablier de béton court au ras des vagues mais, juste avant d'arriver à la péninsule, une élégante arche d'acier s'élève pour laisser passer les bateaux.
Les trois ponts prélèvent un péage, dans le sens de la circulation vers San Francisco seulement. Lorsqu'on arrive du nord ou de l'ouest, la seule alternative serait de contourner la baie par le sud : il est plus rapide, plus agréable et plus économique de payer quelques dollars pour le passage ! Coca-Cola - Le rêve américain dans une bouteilleLe Coca-Cola est la boisson non alcoolisée la plus vendue dans le monde. Ses lettres blanches sur fond rouge sont le symbole de l’«American way of life».
TOUT COMMENCE AUX ETATS-UNIS
EN 1885. Le docteur John Styth Pemberton commercialise du vin de coca sous le nom de «traitement pour des désordres nerveux, des perturbations de la tuyauterie interne et de l’impuissance» dans sa pharmacie d’Atlanta.
Vendu comme un remède miracle, ce breuvage s’apparente au vin Mariani, inventé en Corse.
En 1885, la ville d’Atlanta décide de proscrire la consommation d’alcool.
Le docteur Pemberton met alors en vente, le 8 mai 1886, une boisson à base de sirop de cola dilué avec de l’eau gazeuse à la «soda fountain» de la pharmacie Jacob’s.
Le succès est immédiat, les premiers consommateurs sont conquis par cette nouvelle boisson couleur caramel. Le comptable du pharmacien, Franck M. Robinson, la baptise «Coca-Cola», nom fantaisiste associé à une calligraphie cursive unique aujourd’hui célèbre dans le monde entier.
En 1888, un certain Asa G. Candler, homme d’affaires, rachète tous les droits de la formule de la boisson pour seulement 2 300 dollars.
Il devient le seul détenteur de cette composition portant le nom mystérieux de «7X».
Candler fonde «The Coca-Cola Company» en 1892, lance une campagne de publicité agressive et crée la première bouteille Coca-Cola, «Contour».
Puis il lègue la firme à ses enfants, qui, n’étant pas intéressés, la cèdent pour 25 millions de dollars à un groupe d’hommes d’affaires dirigé par Ernest Wooddruff de la «Trust Company» de l’Etat de Géorgie.
L’«American way of life» débarque en 1933 au café-tabac de l’Europe, près de la Gare Saint-Lazare, à Paris.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Coca-Cola devient «fourniture de guerre».
Près de cinq milliards de bouteilles sont distribuées gratuitement aux soldats américains.
A leur retour, les GI’s introduisent la boisson dans la cellule familiale et font d’elle un symbole patriotique, comme le chewing-gum ou le base-ball.
UNE FORMULE SECRÈTE QUI FAIT RECETTE
A ses débuts, la boisson est vendue dans les pharmacies pour cinq cents le verre. Le docteur Pemberton n’écoule qu’une dizaine de verres par jour.
Pour attirer les clients, il distribue des bons pour une dégustation gratuite et investit près de 50 dollars dans la publicité. Mais à sa mort, il n’aura vendu que 3 200 verres.
Quelques années plus tard, Candler déclare : «A partir de maintenant, Coca-Cola se boira dans chaque Etat et territoire des Etats-Unis.» Sur les affiches, les images de l’homme et de la femme idéaux font rêver les futurs consommateurs.
Coca-Cola bouleverse les habitudes en introduisant la notion de «boire frais» dès 1950.
Les pin-up alimentent l’imagerie américaine, des stars comme Cary Grant ou Robert Montgomery vantent les mérites de la boisson numéro un.
Les distributeurs de Coca sont implantés sur les trottoirs et les stations-service et, en 1959, les cannettes en métal font leur apparition.
En 1985, Coca tente de modifier la formule de sa boisson fétiche en lançant le nouveau Coca-Cola, nommé «New Coke». C’est un échec commercial.
Les Américains ne suivent pas et comparent cet acte à un changement de la Constitution. La société se voit contrainte de relancer «le Coca-Cola Classic».
Depuis sa création, sa recette est autant gardée qu’un secret d’état. Seules trois personnes auraient accès à la liste des ingrédients.
Mais il ne s’agirait que d’une histoire de marketing car de nombreux chimistes auraient trouvé a formule «7X».
Sa saveur particulière et reconnaissable entre toutes proviendrait du mélange de sucre et d’essences d’orange, de citron et de vanille. L’eau ajoutée à ce concentré ferait varier le goût selon les pays.
L’IMPORTANCE DE LA PUBLICITÉ
Dès lors, est-il possible d’imaginer les rayons de supermarchés sans Coca-Cola ou les plages sans les parasols à l’effigie de la marque ?
La boisson est consommée dans près de 200 pays.
En France, un foyer sur deux en a dans ses placards. Le chiffre d’affaires de la compagnie a atteint plus de six milliards de dollars en 2006. Candler a rapidement compris que les manifestations sportives valorisaient l’image de la marque.
Elle devient en 1928 la boisson officielle des Jeux olympiques d’été à Amsterdam. D’ailleurs, le choix de la ville d’Atlanta n’est pas innocent pour l’organisation des Jeux de 1996.
Le logo est aujourd’hui partenaire de nombreux événements sportifs comme la Coupe du monde de football.
De nombreux slogans publicitaires se sont succédé au cours de ces dernières décennies.
Parmi eux, I’d like to buy the world a Coke, Coke is it ou Always Coca-Cola.
Personne ne peut oublier les représentations du célèbre Père Noël contemporain, le ruban rouge en 1970, ou encore l’ours polaire créé en 1997.
Coca-Cola, vendu à perte il y a plus d’un siècle, est devenu une institution, l’une des marques les plus célèbres au monde. 7月13日 Chapitre 5 - De la crise à la guerreEn 1932, des milliers de banques américaines et plus de 100.000 entreprises étaient en faillite.
La production industrielle avait diminué de moitié, les salaires avaient baissé de 60 % et un travailleur sur quatre se trouvait au chômage. Cette année-là, Franklin D. Roosevelt fut élu président sur la base d'un programme appelé New Deal, parce qu'il proposait une « nouvelle donne ».
L'assurance enjouée de Roosevelt galvanisa la nation. « Nous n'avons à craindre que la peur elle-même », déclara-t-il dans son discours d'investiture. Il joignit bientôt le geste à la parole.
Au cours des fameux « cent jours », Roosevelt fit adopter au Congrès un grand nombre de lois visant à favoriser la reprise économique.
Plus tard, la loi sur la Sécurité sociale institua un régime de retraites pour les personnes âgées et leurs conjoints survivants.
Toutefois, le New Deal ne mit pas fin à la crise.
Même si la conjoncture s'améliora, la reprise ne se produisit qu'après le réarmement qui précéda l'entrée de l'Amérique dans la Seconde Guerre mondiale. 7月10日 Le All Star Game, c'est ce soir !Le Match des étoiles de la Ligue majeure de baseball 2007 (MLB All Star Game 2007) se tient aujourd'hui 10 juillet à San Francisco.
Le match des étoiles de la Ligue majeure de baseball est un match annuel de baseball disputé par l'équipe des étoiles de la Ligue américaine et la Ligue nationale.
Les joueurs sont choisis par un vote entre les fans.
Le match est disputé chaque année au milieu de juillet.
Le premier match des étoiles fut disputé en 1933 à Chicago. 7月9日 Le sud profond célèbre les délices de sa culture "redneck"EAST DUBLIN - Lancer de sièges de lunettes de toilettes, orgies de bière ou concours de boue... le sud profond américain a organisé samedi des jeux olympiques à son image pour célébrer les délices de sa culture "redneck".
Pour la plupart des Américains, le terme "redneck" (littéralement "cou rouge") est une insulte qui désigne un "plouc" du sud rural, un Blanc souvent raciste, qui vit dans un préfabriqué, chique du tabac, chasse les écureuils et fait rôtir au barbecue les animaux qu'il a percutés avec son pick-up (camionnette) déglingué. Mais pour les "ploucs" en question, c'est un titre de gloire. "Etre un redneck est un héritage, c'est comme cela que nous sommes nés et que nous avons été élevés, c'est un mode de vie", explique Rick Humphrey, directeur de la radio locale qui organise les "Jeux d'été redneck de Géorgie". La manifestation se déroule chaque année à East Dublin, dans le coeur rural de l'Etat, depuis 1996. Cette année-là, Atlanta, la métropole voisine, accueillait les Jeux olympiques, et l'idée était montrer à quoi ils auraient ressemblé si les gens du cru avaient eu leur mot à dire. Samedi, la mascotte des jeux, un homme sans aucune dent, connu avant tout pour sa capacité à toucher son nez avec sa lèvre inférieure, a solennellement allumé, sous les hourras du public, une torche décorée de canettes de bière.
Epreuve phare de la journée: le concours de boue. Les participants doivent se jeter dans une mare en essayant de projeter le plus de boue possible autour d'eux.
Les ventres ronds sont avantagés, mais ils sont nombreux, et le vainqueur remporte un trophée en forme de canette de bière écrasée.
Pour Rick Humphrey, la journée est à la fois une célébration et une auto-dérision de la culture "redneck", même si chacun semble avoir une opinion différente sur ce qui fait un "redneck". L'une des épreuves consiste ainsi à plonger sa tête dans une bassine d'eau pour récupérer, sans s'aider de ses mains, des pattes de porc crues, censées évoquer les pieds de porc marinés servis dans la plupart des bars du sud américain. Une chose est certaine -- et le concours de lancer de lunettes de toilettes le démontre -- le bon goût et la distinction ne sont pas de mises dans cette manifestation et les participants en sont fiers. "Je suis une redneck parce que je bois de la bière, je fais la fête et que je ne m'en fais pas pour grand-chose", explique Brenda Cross, une femme aux proportions généreuses et à l'âge indéterminé, qui vend de la couenne de porc frite à la foire. La connotation politique est aussi très marquée avec l'omniprésence, depuis les bikinis jusqu'aux voitures, du drapeau confédéré, derrière lequel s'étaient ralliés les Etats du sud lors de la guerre de Sécession dans les années 1860, en partie parce qu'ils voulaient maintenir l'esclavage. "Pour certains, un redneck c'est simplement un rural du sud. Pour d'autres, c'est un Blanc dégénéré. Pour les Noirs, c'est le gars qui avait l'habitude de faire claquer le fouet", explique Bobby Johnson, qui tient le stand de l'ultra-conservatrice Ligue du Sud. Mais pour Rick Humphrey, l'intérêt de ces jeux, c'est surtout que rien ne peut vraiment aller de travers, "parce que ne c'est qu'un tas de rednecks qui boivent de la bière, sautent dans la rivière et ne s'inquiètent de rien". 7月7日 Des langues indiennes à sauverUn projet de loi visant à faire de l’anglais la seule langue officielle de l’Etat de l’Oklahoma inquiète les 37 tribus indiennes qui y vivent, relate The Grand Rapids Press, le principal quotidien du Michigan.
A l’heure où l’Oklahoma fête son centième anniversaire, un projet de loi faisant de l’anglais la langue officielle de l’Etat met en lumière des divisions qui persistent, plus d’un siècle après le transfert forcé des Indiens dans la région et les spoliations de terre dont ils ont été victimes.
La plupart des trente-sept tribus de l’Oklahoma reconnues par le gouvernement fédéral luttent pour sauver leurs langues et leur culture. Les adversaires du projet relèvent que le nom même Oklahoma est constitué de deux mots choctaws – okla et homma, qui signifient respectivement «rouge» et «homme».
«Si l’anglais devient la seule langue, comment va-t-on appeler l’Etat d’Oklahoma?, demande Terry Ragan, la directrice du programme linguistique de la nation choctaw. Logiquement, même les villes devraient être rebaptisées.»
Pour ses partisans, le projet vise à mettre fin au bilinguisme des documents administratifs, et à obliger les immigrés hispaniques à apprendre l’anglais et à s’assimiler. Vingt-huit Etats américains ont fait de l’anglais leur langue officielle et douze autres sont en train de prendre le même chemin, explique Rob Toonkel, de l’US English Inc. de Washington, qui milite pour faire de l’anglais la langue officielle des Etats-Unis. Un projet en ce sens a été déposé au Congrès.
Ce groupe d’intérêt ne remet pas en cause l’enseignement ou l’apprentissage des langues autochtones, mais souhaite que les documents administratifs soient rédigés dans une seule langue afin que celle-ci devienne un symbole d’unité pour les populations immigrées, explique M. Toonkel : «C’est une question d’assimilation. Nous devons faire en sorte que ces populations fassent partie du pays.»
Or le mot «assimilation» est lourd de sens pour les Indiens dont les ancêtres ont été chassés de leurs terres et jetés sur la piste des Larmes, au XIXe siècle. [En Des langues indiennes à sauver 1838, le gouvernement américain a forcé 15 000 Cherokees à émigrer vers l’ouest du pays. On estime que cette migration a tué quelque 4 000 d’entre eux.] «Pendant toute cette époque, les autorités ne songeaient qu’à l’assimilation», explique Kirke Kickingbird, un avocat d’Oklahoma City, membre de la tribu kiowa, pour qui l’anglais a été imposé aux indiens pour éradiquer les cultures tribales.
Pour Chad Smith, le chef de la nation cherokee (la plus grande tribu des Etats-Unis avec 250 000membres), ne pas prendre en compte les différences culturelles, «c’est dire à tous ceux qui vivent hors de l’Oklahoma que nous sommes intolérants, vulgaires, et que nous voulons nous isoler du reste du monde. C’est aussi dire à nos tribus que s’il y a une langue officielle, les leurs sont secondaires.»
L’Intertribal Wordpath Society, une association à but non lucratif, estime que seulement 9000 personnes parlent couramment le cherokee, et 4000 autres le choctaw. «Nous n’avons absolument rien contre l’anglais. C’est très bien que les gens parlent anglais», affirme Alice Anderton, une ancienne enseignante et chercheuse à l’université d’Oklahoma, qui dirige aujourd’hui l’Intertribal Wordpath Society. «Mais c’est très bien si les gens parlent l’anglais en plus des langues de leurs ancêtres», conclut-elle.
The Grand Rapids Press (extraits), Michigan Un système de santé en criseHôpitaux bondés, services d’urgence débordés, malades non assurés… Au Texas, plus encore que dans les autres Etats d’Amérique du Nord, la crise du système de santé est manifeste, explique le quotidien américain USA Today.
Un jour, Ijeoma Onye s’est réveillée le souffle court, la tête bourdonnante. Sa fille, Ebere Hawkins, l’a immédiatement emmenée à l’hôpital Ben Taub de Houston, où les malades ne bénéficiant pas d’une assurance-maladie peuvent être soignés gratuitement ou moyennant une somme modique.
Ijeoma, âgée de 62 ans, a dû patienter des heures avant de voir un médecin. Pourtant, les urgences constituaient la solution la plus rapide, car «obtenir un rendez-vous prend des mois», explique Ebere.
L’hôpital Ben Taub est le coeur du district hospitalier du comté de Harris, un réseau d’hôpitaux et de centres de soins qui accueillent les quelque 1,1 million de résidents de la région de Houston privés d’assurance-maladie, et des centaines de milliers de personnes mal couvertes.
Ici, le chiffre de 45 millions d’Américains privés d’assurance-maladie est plus qu’une statistique. C’est le signe d’une crise bien réelle. Au plan national, plus de 15 % d’Américains n’ont pas de couverture maladie. Ce chiffre atteint le niveau record de 24 % au Texas.
L’exemple de Houston ressemble à un avertissement : lorsqu’on laisse la situation s’aggraver jusqu’à ce que près d’un tiers des habitants n’aient pas d’assurance-maladie, non seulement la population est en moins bonne santé, mais le système de soin est totalement débordé. «Le Texas est le parfait exemple d’implosion du système de santé», insiste Guy Clifton, un neurochirurgien.
A l’instar d’autres Etats, le Texas connaît des problèmes multiples. Les petites entreprises privent de plus en plus leurs salariés de couverture maladie, et les subventions fédérales et locales sont insuffisantes. A cela s’ajoutent les baisses des taux de remboursement des forfaits hospitaliers décidées par les assureurs, qui poussent les hôpitaux à réduire leurs services déficitaires, notamment les urgences.
Devant le nombre croissant de patients non assurés, les professionnels de santé sont obligés de faire des choix pour décider qui doit être soigné et quand. «Bien sûr que nous rationnons les soins», lâche Kenneth Mattox, directeur du personnel de l’hôpital Ben Taub.
Certains Etats ont entrepris de régler le problème, notamment le Massachusetts, le Vermont et le Maine. La Californie, l’Illinois et la Pennsylvanie commencent à leur emboîter le pas et de plus en plus d’Etats s’efforcent de mettre en place des systèmes permettant d’assurer d’abord les enfants puis, à terme, tous les résidents.
Mais, partout, l’augmentation du nombre de malades non assurés a conduit les services d’urgence des hôpitaux au bord du précipice.
A l’échelon national, le nombre de consultations aux urgences est passé de 93 millions en 1994 à 110 millions en 2004, soit une hausse de 18 %. Au Texas, cette augmentation a été de 33 % et elle a même atteint plus de 50 % dans la région de Houston. Dans le même temps, le nombre de services d’urgence a été réduit de 12 % dans l’ensemble du pays.
Résultat : ils sont surchargés en permanence. «Quand je suis arrivée, ce matin, il y avait des gens qui attendaient depuis la veille», explique Kellie Manger, infirmière à Ben Taub.
Près de la moitié des patients qui se présentent ont besoin de soins de base. «Nous voyons beaucoup de malades qui n’ont pas été chez le médecin depuis des années», explique Katherine King-Casas, médecin urgentiste.
Même lorsqu’ils parviennent à voir un médecin, les malades n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments. «On leur fait une ordonnance, on les renvoie chez eux, mais leur santé ne s’améliore pas», regrette Efrain Garcia, cardiologue à San Jose. Face à ce désastre, le Texas a récemment pris des mesures. Ainsi, le mois dernier, une nouvelle loi a permis d’inscrire 127 000 enfants de plus au programme d’assurance-maladie infantile, dont bénéficient désormais près de 300 000 mineurs. Les législateurs ont également lancé un nouveau programme visant à assurer 200 000 adultes de plus.
Richard Wolf, USA Today, New York
NB: Sicko, le dernier film de Michael Moore – auteur de Fahrenheit 9/11 et de Bowling for Columbine –, dénonce les carences du système de santé américain, dont 45 millions de personnes sont exclues parce qu’elles ne peuvent payer leur assurance privée. Le film prend comme contre-exemples les cas français, britannique et canadien, mais sans en montrer les problèmes. Sorti le 29 juin aux Etats-Unis, Sicko a réalisé 4,5 millions de dollars de recettes en quatre jours. Le film sortira en France le 17 octobre 2007. La «route mère» de l’Amérique, chef-d’oeuvre en périlLa mythique Route 66, qui traverse l’Amérique d’Est en Ouest, vient d’être classée parmi les 100 monuments les plus menacés du monde. Le quotidien italien La Stampa raconte sa belle et triste histoire.
Le Riviera Courts – le premier des nombreux motels qui allaient transformer la Route 66 – ouvrit ses portes à Miami, dans l’Oklahoma, à la fin des années 1930. Les voyageurs pouvaient désormais traverser les Etats-Unis soit en autocar, soit en voiture, s’ils en avaient les moyens.
Aujourd’hui, le Riviera Courts est en ruine. Et il n’est pas seul dans ce cas : le long des 3 943 kilomètres de la Route 66, au moins 3 000 motels ont fermé ou vont être démolis. C’est la conséquence de la dégradation de cette grande artère qui vient d’être ajoutée à la liste des 100 monuments les plus menacés du monde, liste rédigée par l’organisme privé américain World Monuments Fund.
Immortalisée en 1939 par John Steinbeck, qui l’avait surnommée The Mother Road (la route mère) dans Les raisins de la colère, la Route 66 a été conçue en 1923 par l’entrepreneur Cyrus Avery. Sa construction a été entamée en 1926 et terminée en 1938. Elle a été bâtie pendant les années de présidence de Franklin D. Roosevelt par des milliers de chômeurs fuyant la Grande Dépression. Des centaines de milliers d’individus poussés par les mêmes motivations l’ont empruntée pour aller dans l’Ouest, en quête de fortune.
La Route 66 s’est illustrée par un certain nombre de nouveautés qui allaient transformer le visage de l’Amérique. Tout d’abord, les motels, puis les Holiday Inns ; enfin, l’installation massive de stations-service, de restaurants routiers où l’on mange sans même descendre de sa voiture, d’enseignes au néon et de maisons préfabriquées.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la main-d’oeuvre continue à avancer vers l’Ouest, attirée par les nouvelles industries qui se créent en Californie ; mais les ouvriers sont également utilisés pour acheminer d’énormes quantités de véhicules militaires.
A la fin du conflit, des millions de gens parcourent la route dans les deux directions, traversant ainsi l’Illinois, le Missouri, le Kansas, l’Oklahoma, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona et la Californie. C’est la période du nouveau tourisme: la course vers la Californie, la traversée du Grand Canyon et des cratères de l’Arizona.
Le déclin commence quand l’ancien général Dwight Eisenhower arrive à la Maison Blanche: pendant la campagne en Europe, il avait été impressionné par les autobahnen [autoroutes] construites par Adolf Hitler en Allemagne. Il décide alors de doter l’Amérique de routes aussi rapides. C’est ainsi que naît, en 1956, le nouveau réseau d’autoroutes – Interstate Highway System – qui réduit progressivement l’utilité de la Route 66. Enfin, en 1985, elle est rebaptisée «Historic Route» (route historique) et est désormais parcourue essentiellement par des passionnés qui ont envie de traverser les paysages les plus extraordinaires de l’Illinois, du Nouveau-Mexique et de l’Arizona.
Maintes fois réaménagée, avec l’adjonction ou la transformation de nouveaux tronçons, la Route 66 a connu une seconde jeunesse dans les années 1990 grâce à l’action de plusieurs associations. Comme toutes les grandes stars, elle a reçu un nombre impressionnant de surnoms. Cyrus Avery l’appelait la Grande Route diagonale car elle coupait les États-Unis en deux; dans les années 1970, une campagne publicitaire la baptisa The Main Street of America (la grand-route des États-Unis).
Aujourd’hui, presque tous les tronçons de cette route historique portent un surnom différent, évoquant les noms de personnages locaux qui l’ont soutenue, y ont fait de l’humour ou l’ont financée. Mais, finalement, personne ne semble avoir encore inventé une appellation plus efficace que The Mother Road, la route mère.
Maurizio Molinari, La Stampa, Turin
A noter le reportage sur France 5 ce soir à 18h, avec un voyage exceptionnel sur cette route mythique. 4 juillet, pour une indépendance !Un vent de liberté flottait à Philadelphie en ce début de juillet 1776 et la décision de rompre tous les liens politiques avec l’empire britannique fut prise, en quatre jours, par les 50 membres du deuxième Congrès.
Dès le 11 juin, une commission (dans laquelle se trouvait Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams, ainsi qu’un négociant du Connecticut et un juriste new yorkais) avait été chargée par le Congrès de rédiger le texte de la Déclaration d’indépendance.
S’étant attelé sans attendre à la rédaction initiale de ce texte, Thomas Jefferson fut en mesure de soumettre une version finale dès le 28 juin afin qu’elle puisse faire l’objet d’un débat général le lundi suivant, 1er juillet.
C’est ainsi qu’après avoir expédié les affaires courantes, dans la matinée du 1er juillet, la séance du Congrès écouta les différents orateurs. Alors que le délégué de Pennsylvanie, John Dickinson, exprimait ses arguments en faveur du maintien des liens avec l’Empire britannique, John Adams prit la parole pour exposer avec son talent d’orateur confirmé, les arguments favorables à la scission.
S’ensuivit alors un vote officieux qui donna le résultat suivant : neuf voix pour l’indépendance ; deux voix contre ; une abstention et une délégation divisée, celle du Delaware. Il fallait désormais travailler à former un front uni et unanime, c’est ce à quoi s’employèrent Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams en essayant de convaincre les délégations opposées à l’indépendance.
Leurs efforts furent couronnés de succès, et le 2 juillet, le délégué de Caroline du Sud annonça que sa colonie avait décidé de rejoindre la majorité. Convaincu que rien ne pouvait désormais arrêter le mouvement vers l’indépendance, John Dickinson décida de ne pas participer au vote laissant les cinq autres délégués de Pennsylvanie représenter son Etat.
Seul le Delaware posait encore problème, ce qui fut résolu grâce à la chevauchée spectaculaire du chef de la milice de l’Etat, Caesar Rodney, qui avait dû retourner dans son Etat mais revint à temps pour voter en faveur de l’indépendance.
La motion historique présentée par Richard Henry Lee fut alors votée à l’unanimité et le débat sur le texte de la Déclaration d’indépendance soumis par Thomas Jefferson put alors commencer.
C’est le 4 juillet, après avoir subi quelques légères modifications, que la Déclaration d’indépendance fut officiellement adoptée. Ce texte ne marque pas seulement la naissance d’une nouvelle nation, mais expose une philosophie des libertés individuelles qui allait se répandre à travers le monde entier.
Depuis lors, le 4 juillet est devenu le jour de la fête nationale des Etats- Unis, jour qui permet au peuple américain d’exprimer son patriotisme et de célébrer la liberté.
La Déclaration d’indépendance est exposée aux Archives nationales à Washington, D.C. ainsi que la Constitution. 7月6日 L'aigle d'Amérique reprend de la hauteurWASHINGTON - L'aigle d'Amérique, le symbole des Etats-Unis, dont la population était tombée à quelques centaines de couples dans les années 60, a repris de la hauteur et été officiellement retiré de la liste des espèces en danger.
"Aujourd'hui, je suis fier d'annoncer que l'aigle est de retour", a solennellement déclaré le secrétaire américain à l'intérieur Dirk Kempthorne lors d'une cérémonie à Washington.
En 1963, le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), une espèce unique au continent américain, était en voie de disparition dans 48 Etats américains.
Il ne restait alors plus que 417 couples de ces majestueux oiseaux au bec et aux serres jaune vif qui peuvent déployer des ailes d'une envergure de 2,50 mètres.
L'aigle à tête blanche, choisi comme emblème national en 1782, devient en 1967 une espèce à protéger, la première aux Etats-Unis. L'animal, qui se nourrit surtout de poissons et de petites proies, a toutefois continué de prospérer en Alaska et au Canada.
Quarante ans plus tard, on compte 10.000 couples de ces aigles sur le territoire américain.
"Ce redressement est un triomphe (...). Aujourd'hui l'aigle s'envole de la liste des espèces en danger", a déclaré le secrétaire à l'intérieur, sous les yeux de "Challenger", un pygargue à tête blanche présent à la cérémonie.
L'annonce se déroulait au pied du mémorial Thomas Jefferson, philosophe et homme d'Etat américain, principal auteur de la constitution, qui lui-même participa au choix de l'aigle à tête blanche comme emblème national américain.
Un contingent de scouts, dont l'aigle symbolise la plus haute des patrouilles, était convié ainsi que des représentants d'organisations de défense des animaux et des membres du ministère de la défense, dont les bases de l'armée ont servi de refuges à des plateformes de reproduction de l'animal. L'interdiction de l'insecticide DDT en 1972, qui avait notamment pour effet de fragiliser la coquille des oeufs de ces oiseaux et donc de mettre en danger leur reproduction, a compté pour beaucoup dans la préservation de l'animal.
"Nous célébrons aujourd'hui le retrait de l'aigle du statut des espèces menacées après une longue et difficile récupération qui n'aurait pas été possible sans l'interdiction du DDT", a signalé Michael Bean, le président de l'organisation de défense de l'environnement, Environmental Defense Wildlife Program.
"Challenger", un aigle à tête blanche sauvé il y a quelques années et élevé par des humains, s'est prêté avec bonne volonté à la cérémonie, effectuant un court vol au-dessus des invités.
"Pour la vie sauvage, c'est un jour digne de celui où l'homme a marché sur la lune", s'est exclamé Jim Lyon, vice-président de la National Wild Life Federation.
Mais il a noté qu'"avec l'impact grandissant du réchauffement climatique, beaucoup d'autres espèces (avaient) besoin d'être aidées". "Le travail doit continuer", a lancé M. Lyon.
Quelque 1.300 espèces sont sur la liste des animaux en danger aux Etats-Unis.
Le pygargue à tête blanche, qui peut mesurer 90 cm de haut et peser plus de six kilos pour les femelles, obtient son plumage caractéristique brun foncé avec la tête et la queue blanche, à l'âge de 4 ou 5 ans. Sa large envergure d'ailes lui permet de voler à une vitesse de 95 km/h, voire de 160 km/h lorsqu'il plonge sur une proie que sa vue peut discerner à 8 km à la ronde, six fois la capacité de l'oeil humain. |
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